Sa vie


Théophile-Yves-Marie SALAÜN est né le 21 août 1857 au Hameau de Truzugal en Louannec. Après une enfance passée à Louannec et des études secondaires effectuées à L'Ecole des Frères de Lannion, l’un de ses maîtres remarque ses aptitudes pour le dessin. Il peut poursuivre ses études à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris à partir de 1875, grâce à une bourse octroyée par la mairie de Lannion, complétée par un appoint du Conseil Général des Côtes-du-Nord : “le jeune Théophile SALAÜN travaille avec assiduité et a fait dans ces derniers temps des progrès sérieux”. Deux de ses œuvres sont reçues au Salon de peinture de Paris le 24 avril 1879. Son service militaire achevé en Algérie, il devient dès 1884 professeur de dessin à l’Institution Notre-Dame à Guingamp, et est chargé des cours de dessin à l’Ecole Primaire Supérieure de cette ville. En juillet 1887, il obtient une mention à une exposition des Beaux Arts de Rennes pour une nature morte intitulée “Oranges” (page 25).
Sur les instances de ses amis lannionais, il fait recevoir au Salon de Peinture de Paris de 1894 sa toile bien connue “les Mendiantes de la Clarté” (page 11), et en fait don à la ville de Lannion en reconnaissance de son aide dans ses débuts. Il est médaillé à nouveau au Salon de 1896. Il se marie à Marie-Yvonne HARSCOUET, dont les parents sont négociants grossistes en épicerie, vins et spiritueux à Guingamp. Ils auront six enfants.

Au début des années 1890, Théophile se rend régulièrement l’été à Ploumanach où il réside à l’extrémité du port, puis à la Clarté où son ami Gabriel VICAIRE le rejoint à partir de 1894. Lors de ces séjours, il rencontre Anatole LE BRAZ, Charles LE GOFFIC et le Cercle des Amis de La Clarté-Ploumanach. Dans la seconde moitié des années 1890, de nombreux séjours à Paris lui permettent de faire évoluer son art. A partir des années 1900, son activité créatrice diminuera sensiblement et il s’éteindra le 1er Juillet 1909 à Guingamp, ayant été promu Officier d’Académie.


Sa personnalité


M. Vidal, compagnon de service militaire écrit de lui : « son âme d'artiste, pénétrée de toute bonté, ne sait voir au-delà : il donnait trop facilement sa confiance à tels ou tels qui abusaient de ses prodigalités…Aimant l'art avant tout, j'étais souvent son compagnon de promenade ; je me plaisais à écouter les réflexions qu'il faisait à chaque pas où l'art le faisait s’arrêter ; c'était des descriptions intéressantes qu'il m'expliquait et qu'il était heureux de me faire saisir ».
Théophile dédaigne de paraître et encore plus de “se pousser”. Qu’il avait fallu d’insistances de la part de ses amis pour le décider à présenter ses œuvres au Salon de Paris! Ne manquant pas d’humour, il peint par jeu sur les panneaux de portes dans les villas estivales où il accompagne ses enfants ou dans les auberges. Il donne volontiers à ses amis et ne se préoccupe guère du paiement de ses œuvres. C’est plutôt Marie-Yvonne, son épouse commerçante, qui en négocie le prix!

Son œuvre


L’érudit Léon DUBREUIL, docteur ès lettres, inspecteur d’académie, historien bien connu de la Bretagne et de la Vendée, qui avait épousé sa fille Marie-Yvonne en 1907, écrit en 1949 à propos de son beau-père dans la “Nouvelle Revue de Bretagne”: “ Il a abordé tous les genres, au gré de sa fantaisie, portraits, scènes d’intérieur et de plein air, paysages, natures mortes, gouaches, aquarelles, pointes sèches... et c’est presque toujours les types et sites de Bretagne qui l’inspirèrent. Il a restauré de nombreuses toiles, souvent si détériorées, qu’il a dû les reconstituer presqu’en entier.. Si sa facture n’est jamais indifférente, c’est dans le portrait et la pointe sèche qu’il excelle..”
“Ses compositions sont à la fois solides et vivantes. Pour lui, la peinture est un art visuel : aussi, ne l’embellit-il pas; il fait ressemblant au point d’atteindre la perfection de certains vieux maîtres hollandais. Il sait jouer des noirs. Certes, il est de l’époque de BONNAT surtout et de GEROME, dont il a bénéficié des leçons.”
Sans qu’il eût fait d’efforts en ce sens, il avait acquis, dans une notable partie de la Bretagne, une réputation flatteuse. On admirait la ressemblance de ses portraits, la finesse des dentelles, le jeu véridique des drapés. Il restitue fidèlement, avec soin et minutie, le moindre détail dans ses tableaux et ne triche jamais avec la réalité qu’il observe.
Fidèle à son maître GEROME, le figuratif, il n’apprécie guère certains impressionnistes, (hélas!), n’hésitant pas même à dire à leurs propos : “Ce n’est pas de la peinture, çà!”. Ses portraits sont traités avec une remarquable maîtrise (pages 42 à 53). Dans les scènes d’intérieur, particulièrement typiques dans les fermes et les auberges, sa science du clair-obscur est poussée à l’extrême (pages 15, 21 et 25). Les paysages, avec les lavoirs au bord du Trieux (pages 36 et 37), les scènes de potiers de Pabu (page 9), les brodeuses de dentelles...restent des témoignages précieux des environs de Guingamp à cette époque.



Actualités


Du 1er juillet au 2 septembre 2012, une expo à la Maison des Traouïero, La Clarté Ploumanac'h

Ouvert tous les jours 10h30/12h30 et 14h30/18h30

Entrée : 4 € et 3 € (réduit, étudiants, scolaires)




Sortie du livre sur Théophile Salaun prévue pour le 15 Décembre 2010



Nouveau site Web très prochainement, avec plus de tableaux



Si vous possédez des tableaux ou si vous savez qu'il y a des tableaux dans des musées ou chez des particuliers de ce peintre, merci de nous contacter afin que le livre et le site s'enrichissent de ces oeuvres inconnues contact@theophilesalaun.com.